Régime Autoimmune Protocol (AIP): ce que dit la science

22 mars, 2026 , ,

Structure du Régime AIP Autoimmune Protocol

Le régime AIP se déroule généralement en trois phases: élimination, réintroduction, puis maintien.

1. Phase d’élimination

Durant une période de 6 semaines à 6 mois, tous les aliments susceptibles de déclencher des poussées ou des symptômes sont exclus:

  • céréales (avec ou sans gluten)
  • légumineuses
  • produits laitiers
  • oeufs et leurs dérivés (comme la mayonnaise)
  • noix et graines
  • légumes de la famille des solanacées (tomates, pommes de terre, aubergines, poivrons)
  • café et alcool
  • huiles de graines
  • aliments ultra-transformés, additifs, sucres raffinés

L’utilisation des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) est également à éviter durant cette phase. D’autre part, les aliments comme la viande, le poisson, les légumes (hors solanacées), les fruits, les tubercules et certaines huiles y sont permis.

2. Phase de réintroduction

Les aliments éliminés sont réintroduits un à un pour observer d’éventuelles réactions. En pratique, la phase de réintroduction est souvent peu standardisée et difficile à suivre, ce qui peut conduire à une restriction prolongée. La manière la plus courante consiste à réintroduire les aliments qui sont le plus appréciés, ou ceux qui sont les moins susceptibles d’induire des réactions négatives, dans le but d’élargir progressivement les options alimentaires.

3. Phase de maintien

Elle s’inscrit sur le long terme et repose sur un modèle alimentaire individualisé, élaboré après l’identification et l’élimination des aliments ayant déclenché des symptômes.

Ce que dit la science

Les études sur le régime AIP sont limitées, de petite taille, non randomisées et à court terme. Certaines montrent une amélioration des symptômes et de la qualité de vie chez des personnes atteintes de maladies inflammatoires ou auto-immunes. Par exemple, plusieurs études pilote indiquent que l’AIP peut améliorer la qualité de vie et réduire certains symptômes dans des pathologies comme la thyroïdite de Hashimoto, les maladies inflammatoires de l’intestin et la polyarthrite rhumatoïde, bien que ces effets ne soient pas uniformes et que les marqueurs biologiques traditionnels ne changent pas toujours significativement.

Ainsi, ces résultats ne permettent pas de conclure que l’AIP est supérieur à des approches moins restrictives. À ce jour, aucune preuve solide ne montre que l’AIP modifie l’évolution d’une maladie auto-immune.

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Auteur

Lyna Hammouch
Diététiste-nutritionniste diplômée de l’Université McGill et membre de l’ODNQ depuis 2020, Lyna a acquis une expérience clinique variée au cours des dernières années. Cette expérience nourrit son intérêt pour une nutrition fondée sur la science, mais pensée pour être comprise et appliquée dans la vraie vie. Toujours accompagnée d’un verre de thé à la menthe, elle aime rendre les concepts nutritionnels complexes clairs, concrets et accessibles. Elle s’intéresse particulièrement au développement d’outils et de projets ayant un impact positif à grande échelle, favorisant des choix alimentaires éclairés et durables.

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